Derniers baisers du monde libre
J'ai entendu dire que ce blog était en train de tomber en décrépitude... Bon je vais me reprendre en main. Comment dire? Ahem. Alors je vous explique. Derrière toutes ces longues interruptions, il y a toujours une rencontre avec un humain, ou une humaine. Et c'est très chronophage. (On s'entend dire des trucs par des collègues, bien intentionnés, évidemment: "Il faudrait demander des arrêts maladie quand on tombe amoureux"...) Et ça pose des questions pas confortables sur soi. Ca expose des contradictions bizarres. Des envies parallèles qui s'expriment alternativement. Je sais pas si c'est un truc de femme moderne, ou si c'est juste passager. Comme une envie de tout plaquer. Et la nécessité parallèle de rester and make it, here, there and now. Vaut-il mieux se consacrer à construire son petit escabeau d'ascension sociale tout seul dans son coin, ou bien accepter de suivre un peu les opportunités d'autrui "temporairement"? Le temporaire-ment.
En tout cas, ma lecture (d'escargot) du moment: Le Deuxième Sexe vient étayer, voire attiser, mes réflexions et doutes autoproclamés féministes. J'ai appris il n'y a pas longtemps que ce livre a forcé Niki de Saint Phalle à se mettre à son art (d'ailleurs, elle a fait un musée à Bâles, en mémoire de son mari Tinguely! A bonne entendeuse!) . Alors pourquoi pas moi, hein? M'y mettre sérieusement à cette conquête de la Lune/paix, ce Saint Graal de XXIe siècle. Ca me rappelle des faits très à propos qu'il faut toujours que je garde dans ma ligne de mire. Égalité abstraite/inégalité concrète, tout ça. Enfin, ça facilite pas mes questionnements, ces lectures.
Sinon j'ai fait une rencontre sympa il y a quelques semaines. C'est une poétesse arabe/palestinienne appelée Farah Chamma. Elle est de passage à Paris (tous les chemins mènent-ils donc ici?) Elle déclame ses poèmes sur Youtube. Elle parle d'identité, d'arabité, de religion. Toutes ces thématiques tellement addictives pour moi, qu'elles en deviennent une extension de moi en idées. Alors rencontrer Farah Chamma à Paris, comme ça, si naturellement au final. C'était quelque chose. Et comme dans tous ces moments fous de ma vie, j'étais montée comme sur des ressorts!
Et puis je suis aussi retournée à Londres aussi... 9 mois après l'avoir laissée. Mixed feelings les retrouvailles... Je me suis rappelée l'extrême solitude des mois d'hiver, si caractéristique des villes gigantesques. Je crois que ça a laissé une empreinte sur mon coeur à jamais. Pourtant, j'ai retrouvé cet édifice que j'avais construit pierre par pierre, cette famille si scrupuleusement choisie. Et ça, ça a quelque chose de rassurant. Dans ce monde de nomadisme, de perpétuel changement et de constante volatilité, les relations restent à leur place, au fond des coeurs de chacun, rappelant donc bien la réalité du vécu commun et l'importance de ces souvenirs.
Et demain, je m'envole pour Berlin! Sa reputation la précède cette capitale d'Europe scindée en deux, Est/Ouest. Ca me rappelle cette autre capitale d'Orient, aussi scindée en deux. Si vous avez 23 minutes, il y a ce fantastique mini-documentaire appelé BerlinBeirut, je crois que ça pourrait vous plaire...
A bientôt pour de nouvelles aventures, gantées et chapeautées!
Farah Chamma invitée par SAMAR Media "This is Palestine"