De la sociabilisation britannique
En ce jour d'indépendance outrancière qui poussa l'un de mes deux pays à déclarer son indépendance du second, je reprends la plume, ou le clavier, pour narrer en rétrospect les aventures de ma - ô combien tranquille - vie londonienne.
Pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, l'emploi du temps normal d'un étudiant à King's College est de 10 heures par semaine de cours + ou - 2.
Bien entendu, je suis dans le -2, ce qui présente l'avantage peu commun de me présenter à l'Université (et à Londres) seulement 8 heures toutes les semaines.
Ainsi, pour quelqu'un venant d'un système beaucoup plus total comme celui dont je viens, il semble que le système britannique soit un système de vacances prolongées à 2 semestres complets.
Et pourtant, vous vous en doutez bien, cette structure présente de nombreux inconvénients. (Chassez le naturel, et mon second pays revient au galop, et pourtant, seules les roues de mon Eurostar ont foulé le sol de cette noble patrie...)
Je m'égare. Un des inconvénients principaux pour moi est la difficile sociablisation.
Les travaux de groupe sont très rares outre-Manche et les heures à l'Université aussi... Ainsi, il m'a fallu des efforts surhumains à coups de sorties "pour voir des feux d'artifice le 5 novembre", de soirées dans des pubs à noms burlesques (tel que le "Dirty Dick") et autres activités étudiantes dites normales pour construire un réseau social éclectique, drôle et plein de surprises à l'image de ceux dont j'ai eu la chance de m'entourer partout où je suis allée.
Encore que j'ai eu de la chance de ne pas partir de zéro. La présence à mes côtés d'amies déjà drôles et pleines de surprises m'a sauvé maintes et maintes fois. Je tiens à saluer le prêt de 200 pounds, par exemple, quand ma carte bancaire a refusé de ressortir du distributeur de billets. Si cet exemple est trivial, il souligne néanmoins l'infaillible fidélité et la présence quotidienne à mes côtés de cette mini-3assabiya, cet esprit de corps khaldûnien réduit à 3 membres! <Bet 7ebbo min?>
Mais, encore une fois je me suis égarée... C'est ce vif souci d'intégration (entre autres choses, bien entendu) qui m'a emmené à Bruxelles, là où les grandes décisions européennes se forgent.
J'y suis allée avec quelque chose qui s'appelle la European Society que jamais je n'aurais pensé joindre dans des circonstances plus sociables, croyez-moi. Et pourtant, me voilà donc partie, traversant mer et terres, aux côtés de douze inconnus (-1) d'appartenances nationales variées pour élire domicile le temps d'un week-end chez de braves étudiants flammands de façon assez impromptue, dois-je avouer.
Entre une visite particulièrement touristique (nippone?) de la Commission européenne et du Parlement tout aussi européen, et les moultes débats et speed-datings à thèmes récurrents européisants. Je dois avouer qu'à mes multiples identités commence à se greffer (malgré ma lutte acharnée) une identité que je rejettais vivement jusqu'alors. Et à mon grand dam, je suis forcée d'admettre que cette fille de Zeus commence à me séduire, irrésistible n'est-elle pas?
Et finalement, je suis au bon endroit pour peut-être devenir un jour europtimiste, qui sait? À bon entendeur, salut!
L'Alsacienne Maronite Yaourtière! (A.M.Y.)
PS: Pour la route, dans un élan patriotique (mais lequel?), voici, à écouter aujourd'hui, la main sur le coeur! Bien sûr, ça n'est qu'une suggestion comme une autre...
PPS: Voici l'article qui a inspiré celui-ci: http://medinatashabaab.com/2010/11/22/de-la-presse-en-angleterre/ Merci Tanjaratouna!