İsimsiz
Street Art nocturne à Istanbul
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La fontaine aux grenades
Y allant habiter
J'ai trouvé si peu d'eau
Que je ne pus plonger
Il y a longtemps que je
t'aime jamais je ne t'oublierai
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Comme il est clair que ces 8 semaines sont passées bien plus vite qu’elles ne l’auraient du. Comme il est clair qu’une fois encore, c’est à regret "que j’ai quitté" (shadda 3ala l ت) Je m’en vais retrouver Paris, le vrai hiver et un nouveau travail.
Comment expliquer que ce pays nain où trop de monde semble prompt à prendre des raccourcis pour atteindre le paradis, est l’endroit précis où le temps passe en flèche et où les rencontres sont les plus déterminantes et curieuses? Pour toute personne autre que moi (mon père), c’est incompréhensible. J’ai un passeport qui me permet en théorie de vivre dans des pays où il fait bon vivre, l’on ne manque de rien et le chauffage marche en hiver.
Moi d’habitude si encline à céder au calme, luxe et volupté n’arrive pas à me faire cette aberrante raison. Car si cet énervement, cette misère et ces affres sont si caractéristiques du Liban, ils créent les circonstances directes des situations humaines les plus inouïes auxquelles j’ai eu le plaisir d’assister.
Combien de fois avez-vous vu des collègues venir en voiture spécialement pour aider à déplacer la planche de lit pour un autre collègue en panne de lit depuis quelques jours? Connaissez-vous beaucoup de gens de 24 ans avec un travail précaire qui montent une association pour animer un camp de réfugiés et donnent des cours d’anglais dans leur temps libre parce qu’ils sont conscients que des enfants n’ont pas eu accès à l’école depuis 2 ans à cause d’un conflit qui les a chassé de chez eux? Combien de personnes pouvez-vous compter qui, alors qu’ils avaient une excellente situation en Europe ont décidé de plier bagage avec leur entreprise et leur expérience, pour venir faire une différence au Liban, ayant à faire mille courbettes et baises-mains en tous genres à une bande souvent bien incapable? Combien y’a-t-il de personnes qui laissent la femme ou l’homme de leur vie derrière eux pour aller faire quelque chose de substantiel ailleurs alors qu’ils savent pertinemment que c’est un deal-breaker?
Je ne voulais plus mettre les pieds dans ce pays pour des raisons hamsteriales décrites précédemment. Mais, comme à chaque fois, ce pays riquiqui n’en a pas fini de m’apprendre des leçons de vie. Ce même pays où l’on n’a pas fini de se battre pour protéger notre patrimoine culturel, trop vite cédé par les autorités contre une poignée de dollars.
Aujourd’hui est le 10e jour d’une expérience qu’on a décidé de mener avec quelques amis dans différents endroits (Beyrouth/Paris, Istanbul, Amman, Rio). Cette initiative s’appelle #100happydays, il s’agit de trouver chaque jour un moment qui nous a rendu heureux dans une journée. Ça n’est pas si difficile à trouver, quand même, une tranche de bonheur pur en 24h. J’en suis à 10% et je trouve ça vraiment rafraîchissant. L'expérience est trouvable sur Tumblr: http://lexoon75.tumblr.com/