Save water, shower together
Ça fait, depuis trois jours, trois mois tout rond que j'habite au Liban et je ne sais toujours pas remplir les contenaires d'eau sur le toit qui permettent (entre autres choses) de se laver, faire la vaisselle, se brosser les dents... Du coup, quand on se retrouve à deux dans l'appartement, cette ignorance devient pour ainsi dire bien embêtante.
Eh oui, vous avez bien lu. Après mon overdose de coloc', j'ai finalement ouvert la porte de mon logis beyrouthin à une réfugiée dans le besoin (one never learns). Et c'est assez fantastique de rentrer chez soi et d'apercevoir les crêpes - sans gluten - prêtes à être dévorées, à toujours avoir de la glace et de la limonade (faites avec amour et moultes bénédictions) dans le frigo, à voir éternellement la vaisselle de la veille s'empiler dans l'évier, à comprendre le concept de la colonisation à la vue des valises en rang d'oignon dans le couloir... Ce fouillis exquis rend la vie plus palpitante et heureuse. Au cours de ces dernières semaines, j'ai troqué ma vie de joyeuse célibataire solitaire pour une sorte de ménage à plusieurs, et me revoilà gitane sans roulotte.
Sinon, août c'était quand même les vacances, hein? J'ai obtenu 10 jours de répit pour dormir. Le reste du temps, je me suis occupée comme j'ai pu... L'Aïd s'est passé en famille, comme prévu, à bord de notre Skoudi libanaise, orange et inchangée, toujours 6 à bord (il nous manquait au moins une personne coincée au Texas depuis bien trop longtemps). Serrés à six dans une petite voiture J'échangerais pas ma place Même si on va dans l'mur Les paroles de la chanson de Bénabar résonne encore dans ma tête en pensant à ce petit groupe d'énergumènes éparpillés aux quatre coins du monde que tout sépare sans jamais les aliéner. Toujours des fous rire, toujours des secrets, toujours manger plus (et mieux), toujours des projets, toujours des bonnes nouvelles... Allah yzidon, ya 2a7la ref2a.
Après quoi, le devoir m'appelait, comme chaque été aux alentours du 27 août, dans mon village familial pour la fête de notre Saint Patron, Awtel de son prénom, ligne directe et premier intercesseur avec le Créateur pour les gens qui s'adresseraient à lui directement (petite recommandation spirituelle de la journée...) Ces festivités s'étendent sur 9 jours dont le point d'orgue est la veillée entre 26 et 27 août où les habitants, à la manière du village d'Astérix, dressent une sorte de longue tablée et préparent surtout un met (pas fameux, pour le coup) communément appelé hrissé. Vous pouvez imaginer que j'ai délocalisé une partie de mes beyrouthins préférés pour qu'ils viennent témoigner de cette tradition ancestrale que j'affectionne profondément. Et ça n'a pas été triste. Que de musique arabe, de tambour, d'arak, de dabké, de diseuses de bonne aventure, de petis sauvageons de cousins... Et une touche personnalisée: le rock versaillais. Un coup de maitre, une révélation pour beaucoup de villageois observant ce nouveau rite les yeux écarquillés (et nous-mêmes). Il faut dire que le tuteur y était pour quelque chose.
Petit choc du mois: Le Nord du Liban ne possède pas la plus belle forêt de Cedri libanorum du pays, il vaut mieux aller dans la forêt de Barouk, dans le Chouf, finalement. Surprenant!
Pour finir en beauté, le mois d'août a eu le malheur de voir passer sous mes doigts un programme politique (what the hell, right?) En fait, cette initiative appelée Take Back Parliament (Estarje3ou el Parleman) est en train de prendre vie. L'objectif: une réelle transition démocratique pour le Liban. Un google doc a été créé pour permettre à 200 personnes de s'exprimer sur les changements à effectuer dans le pays du Cèdre. Et en à peine quelques jours, c'est 13 pages en trois langues auquel tout un chacun peut contribuer à n'importe quel moment. Et ce n'est qu'un début, ces activistes gauchisants et barbus ne comptent pas en rester là. Ils ont bien l'intention de se présenter aux élections législatives de 2013. Platform 2013 ou le fameux Google doc pour avoir une idée
