Summer kicks in
Ma fin parisienne a été mouvementée.
Du déménagement, à la courte apparition au Gala PSIA, j'ai sauté de plein pied dans les examens de fin d'année, récompense fraternelle (d'adoption) chez Mickey le temps d'une journée et ensuite c'était la courte escale en terre MUN-esque et iranienne au sein d'une délégation brillante. Enfin, je suis tombée en Junior Consulting, pour atterrir à Montréal sans trop savoir comment, et là sans rien comprendre, je me retrouve en pleine chaleur beyrouthine comme on apprend à l'aimer autant qu'on a de raison de la détester.
Ce fut un mois de mai sans ménagement.
Réflexions intenses, travail assidu sur soi mais aussi en dehors de soi, réadaptation à la vie familiale dans ce qu'elle a de beau et de moche, réunions entre amis jusqu'aux derniers métros beaucoup de soirs d'affilée.
Cartes postales envoyées du fin fond du Canada, où un brin de génie présentait son travail des derniers deux mois. Comble du bonheur, cette personne est de ma connaissance rapprochée. Les scientifiques ont vraiment une classe inexplicable. Ca fait tellement du bien de voir ses amis s'épanouïr avec plein d'étoiles dans les yeux quand ils parlent des sujets qui leur tiennent à cœur. On finit par trouver ça magiquement intéressant et beau. J'ai eu la chance d'être témoin de ce genre d'aventures 2 fois le mois précédent et c'est vraiment inspirant.
Le Canada, c'est stylé. Après les exténuantes semaines qui précédaient, j'ai fait une cure de jouvence et de sommeil, je ne pourrais pas vous en dire grand chose. Si ce n'est que tout est gigantesque là-bas: les immeubles, les croissants, le cœur des gens, les portions, les musées, les Cirques. Le Cirque, parlons-en. C'est quoi ces humanoïdes qui sont souples comme des branches de roseaux? Entre jeux d'eau, jongleurs, magiciens, équilibristes, funanbules, clowns... Y'a de quoi applaudir pour le bon public que je suis.
Enfin, après des années et des années d'attente, y'a eu Beyrouth. ENFIN! Il me fallait une excuse en béton pour qu'on me laisse quitter le monde des opportunités occidentales. Un truc inloupable s'est présenté, comme ça sans que je m'y attende. Et me voilà, coincée au Liban, terre de mes ancêtres, pour 3 bons mois. Et ça c'est encore mieux que dans mes rêves les plus fous. Ce bout de tiers monde possède une énergie toute particulière. A défaut d'avoir de l'électricité 24h sur 24, ici c'est les gens qui sont électriques. Ils s'excitent pour un rien, tout s'enflamme très vite (surtout les roues de voitures). Mais dans cette ambiance pour le moins fiévreuse, il y a un truc qui persiste, c'est la convivialité au détour de l'emportement, le sourire et la bonté des êtres aimés, la facilité de la vie derrière son apparence austère (mais comment est-ce que cette foutue machine à laver peut-elle donc bien marcher?), les surprises des amis... Une phrase résume tout concernant le pays: "J'ai des indications approximatives quant au lieu de la manif de demain" (S.K.) Cette personne a un art pour résumer en quelques mots toutes sortes de situations. Et je prends un malin plaisir à la citer à chaque fois que je peux. Tu m'as manqué, on a trois mois pour rattraper!
Le vélo en plein milieu de Beyrouth était grandiose, peut-être vais-je enfin me réconcilier avec ces choses infâmes, après tout. C'est pas encore gagné, mais au moins c'est sur la voie.
La suite des aventures dans un prochain numéro!
L'AMM, aux avants-bras bronzés!